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Psychogénéalogie : votre arrière-grand-mère explique-t-elle vraiment votre vie ?

Par Oria 16 août 2026

Ce que vous allez découvrir

### Qu'est-ce que la psychogénéalogie, concrètement ? La psychogénéalogie est une démarche d'exploration de soi qui éclaire les répétitions, les blocages et les loyautés d'une personne à la lumière de l'histoire de sa famille sur trois générations. Son outil central est le **génosociogramme** : un arbre dessiné de mémoire où figurent non seulement les liens du sang, mais aussi les brouilles, les silences, les métiers et les dates. Elle n'est pas une discipline universitaire reconnue, mais son protocole d'enquête familiale et son bénéfice narratif sont, eux, bien documentés.

Psychogénéalogie : votre arrière-grand-mère explique-t-elle vraiment votre vie ?

Résumé

Un aïeul dont on ne parle pas, un déménagement jamais expliqué, un prénom qui revient sans raison : presque toutes les familles ont leurs zones d'ombre. Née de la rencontre entre la psychanalyse, la thérapie familiale et la sociologie, la psychogénéalogie propose de les prendre au sérieux. Mais que vaut-elle vraiment, et que peut-on en tirer sans y laisser sa lucidité ? Selon originenomdefamille.fr, la meilleure porte d'entrée reste le génosociogramme — treize symboles, trois générations, aucun matériel — et une méthode d'enquête familiale que chacun peut mener seul. Dans cet article, vous découvrirez les six notions clés de la discipline, ses cinq fondateurs, ce qu'elle apporte réellement, les nuances qu'il faut connaître sur le syndrome d'anniversaire et l'épigénétique, une méthode en six étapes pour interroger vos anciens, et cinq praticiens en exercice avec leurs coordonnées. Notre livre blanc de vingt pages, « Les fantômes de l'arbre », est offert en téléchargement.

Et si vos silences de famille venaient de plus loin que vous ?

Il y a, dans presque toutes les familles, une zone d'ombre. Un aïeul dont on ne parle pas. Un déménagement jamais expliqué. Un prénom qui revient de génération en génération sans que personne sache pourquoi.

La psychogénéalogie propose de prendre ces zones au sérieux. Née de la rencontre entre la psychanalyse, la thérapie familiale et la sociologie, elle postule que ce qui n'a pas pu être dit dans une génération continue de peser sur les suivantes.

Je vous propose ce soir un survol complet de cette discipline : d'où elle vient, ce qu'elle affirme, ce qu'elle vaut, et surtout ce que vous pouvez en faire dès demain, seul, sans rien dépenser.

Le guide complet, en vingt pages — offert. Cet article est le condensé d'un livre blanc que nous avons mis plusieurs semaines à écrire : Les fantômes de l'arbre. Huit mécanismes illustrés, la planche des treize symboles, dix praticiens, une méthode d'enquête en huit étapes. Télécharger le livre blanc, gratuitement

D'où vient la psychogénéalogie

Elle n'est née ni d'un auteur unique ni d'une découverte soudaine, mais de la convergence de quatre traditions.

Freud, dès Totem et tabou (1913), envisage une transmission psychique entre générations — celle de dispositions, non d'événements précis.

Nicolas Abraham et Maria Török, psychanalystes d'origine hongroise, forgent en 1978 le couple de notions le plus fin du champ : la crypte et le fantôme. Leur formule est restée célèbre — ce qui hante n'est pas le mort lui-même, mais les lacunes laissées en nous par les secrets d'autrui.

Ivan Boszormenyi-Nagy apporte les loyautés invisibles : chaque famille tient un grand livre des comptes invisible où s'inscrivent dettes et mérites. On peut renoncer, échouer ou se sacrifier par fidélité à un ancêtre.

Anne Ancelin Schützenberger (1919-2018), professeure à l'université de Nice, rassemble tout cela dans Aïe, mes aïeux ! (1993) — quelque quatre cent mille exemplaires vendus. On lui doit deux inventions : le génosociogramme et le syndrome d'anniversaire.

Vincent de Gaulejac, sociologue, ajoute un éclairage précieux avec La Névrose de classe : une ascension ou un déclassement engendre honte, sentiment d'illégitimité, double appartenance. Beaucoup de ce que l'on attribue à un « fantôme » s'explique là.

Ce qui frappe, c'est qu'aucun de ces auteurs ne cherchait à fonder une discipline. Quatre chemins indépendants ont convergé, en une génération, vers la même intuition : l'histoire d'une famille ne s'arrête pas à ceux qui l'ont vécue.

Les six notions à connaître

Le génosociogramme : l'outil, et il est excellent

C'est l'apport le plus concret de la discipline, et le seul dont vous n'avez besoin de personne pour vous servir.

Un génosociogramme n'est pas un arbre d'état civil. C'est une carte sensible : on y porte les liens du sang, mais aussi les liens du cœur, les brouilles, les silences, les métiers, les dates, les phrases de la famille entre guillemets — « chez nous, on ne monte pas trop haut », « on ne parle pas de ça ».

Treize symboles suffisent : cercle pour une femme, carré pour un homme, double trait pour un mariage, trait simple pour une union libre, oblique pour une séparation, double oblique pour un divorce, croix inscrite pour un décès, contour tireté pour une fausse couche, pointillés pour une adoption.

La méthode tient en trois temps, enseignée notamment par Isabelle de Roux et Karine Segard chez Eyrolles :

  1. De mémoire, sans aucun document. Vous inscrivez ce dont vous vous souvenez. Les trous de mémoire sont une donnée précieuse, pas un défaut : ils parleront autant que les souvenirs.
  2. L'enquête. Témoignages, photographies, actes d'état civil. Le temps long, et souvent le plus émouvant.
  3. La réécriture. Le dessin se corrige à mesure que l'histoire se précise. L'écart entre la première et la dernière version est ce qu'il y a de plus instructif.

Trois générations suffisent. C'est la profondeur que recommandent les praticiens, et ce n'est pas un hasard : au-delà, on n'ajoute pas de la finesse, on ajoute des occasions de coïncidence.

La planche des treize symboles, dessinée proprement et prête à imprimer, occupe une page entière de notre livre blanc — avec le protocole complet en trois temps et les cinq variantes du tracé. Voir la planche dans le livre blanc

Ce que la psychogénéalogie apporte réellement

Des dizaines de milliers de personnes en sont sorties allégées, et les raisons en sont solides.

Une écoute longue. Des séances d'une heure ou plus, entièrement centrées sur votre parole. Comparez avec un parcours de soin où l'on est reçu dix minutes.

Une question enfin prise au sérieux. « Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? » La médecine répond au comment, rarement au pourquoi. La psychogénéalogie ne renvoie pas cette question à plus tard.

Un allègement. Comprendre que ce que l'on porte vient de plus loin que soi soulage d'une culpabilité souvent ancienne.

Une place active. Vous enquêtez, vous dessinez, vous interrogez votre famille. Rare dans le soin, et très motivant.

Et il y a le bénéfice du récit, le mieux documenté de tous : reconstruire une histoire cohérente, situer sa vie dans une continuité, transformer un chaos en récit pensable. Cela apaise réellement.

Ce qu'il faut savoir avant de s'engager

Je vous dois aussi la nuance, parce qu'un lecteur bien informé profite mieux de sa démarche qu'un lecteur à qui l'on a tout promis.

Le syndrome d'anniversaire mérite de la prudence. Un arbre de cinq générations compte déjà une soixantaine de personnes, soit plusieurs centaines de dates. Trouver une correspondance troublante y est très probable par simple hasard. Votre coïncidence existe bel et bien — prenez-la comme une invitation à aller regarder ce qui s'est passé ce jour-là, plutôt que comme une démonstration.

L'épigénétique ne prouve pas tout. Elle établit qu'un vécu peut laisser des marques biologiques transmissibles, nettement chez l'animal, encore débattues chez l'humain. Ce qui pourrait passer ainsi est une sensibilité, pas un souvenir ni un événement daté.

La mémoire se reconstruit. Un cadre trop directif peut faire naître la conviction sincère d'un événement qui n'a pas eu lieu. Un bon praticien ne vous affirmera jamais l'existence d'un secret que rien ne documente — et vous avez parfaitement le droit de lui demander comment il travaille sur ce point.

Une règle simple, et fiable. Si la démarche vous rend plus libre, plus curieux, plus capable de parler avec votre famille, elle travaille pour vous. Si elle vous rend plus inquiet, plus dépendant, plus isolé de vos proches, faites une pause. Ce critère ne demande aucune expertise, et il ne trompe pas. En cas de doute sur une pratique, la Miviludes met à disposition une information publique.

Rien de tout cela ne diminue la valeur de votre démarche. Vous n'avez pas besoin d'une caution scientifique pour que l'histoire de votre famille vous concerne : elle vous concerne, et cela n'a jamais eu besoin de laboratoire pour être vrai.

Enquêter sur votre famille : la méthode

Voici la partie franchement utile, et elle ne dépend d'aucune théorie contestable.

Sur chaque événement, quatre questions, toujours les mêmes : qui était concerné, cela s'est passé, quand — le jour, le mois, l'année —, et dans quelles circonstances. C'est peu, et c'est redoutablement efficace.

Une règle d'or, enfin : cherchez à comprendre, pas à prouver. Notez ce que vous ne savez pas au lieu de le combler. Et méfiez-vous des récits trop lisses — comme je le montrais dans mon article sur les faux-amis et mythes familiaux, une belle histoire de famille est souvent une histoire arrangée.

Cinq praticiens pour commencer

Trouver la bonne personne est souvent le vrai obstacle. Voici cinq praticiens en exercice, retenus pour leur ancienneté, leurs publications et la clarté de leur cadre. Les numéros sont des repères de lecture, pas un palmarès : dans ce métier, la qualité de la rencontre compte au moins autant que le curriculum.

1. Bruno Clavier — Montreuil, près de Paris. Psychanalyste et psychologue clinicien, héritier direct de Didier Dumas et de la lignée Abraham & Török. Auteur des Fantômes familiaux. → clavier-bruno.org

2. Élisabeth Horowitz — Paris. Fondatrice de l'Association française de psychogénéalogie, elle a développé un travail centré sur les dates et les âges clés, ainsi qu'une méthode d'enquête familiale remarquablement construite. → elisabeth-horowitz.com

3. Tiphaine Coulombier — Saint-Armel, près de Rennes. Formée à la Psychogénéalogie évolutive auprès de l'IFPIA, elle reçoit au cabinet, à domicile ou en visio, et propose aussi le recueil de mémoires familiales. → tiphainecoulombier.fr

4. Chantal Rialland — à distance. Psychologue, autrice de Cette famille qui vit en nous, vendu à plus de 140 000 exemplaires. Consulte par téléphone pour les francophones du monde entier. → chantalrialland.com

5. Valérie Sengler — Paris et en ligne. Psychanalyste formée deux ans au Jardin d'Idées, elle pratique également l'EMDR et publie clairement ses tarifs. → psy-paris-sengler.fr

Le panorama complet — dix praticiens, avec formations, modalités, tarifs et coordonnées — occupe deux pages de notre livre blanc. Vous y trouverez aussi les cinq questions à poser au premier rendez-vous, et les repères pour choisir sereinement. Consulter le panorama des dix praticiens

Un rappel utile : la profession n'est ni réglementée ni sanctionnée par un diplôme d'État, et rien n'est remboursé par l'Assurance maladie. Comptez 60 à 100 € la séance. Aucun des praticiens cités ici ne fait l'objet d'un partenariat commercial avec nous.

Par où commencer : votre nom

Il y a, dans toute cette affaire, un point de départ particulièrement solide : votre patronyme. Contrairement au reste, il est documenté, daté, localisable — une étymologie, une région d'apparition, des effectifs recensés, une histoire de migrations.

Là où la psychogénéalogie propose une lecture de votre histoire, l'onomastique vous en fournit les premiers faits. Les deux se complètent : le nom vous donne un terrain sur lequel poser vos questions.

Attention toutefois à un piège classique : porter le même nom ne signifie pas descendre du même ancêtre. J'ai consacré un article entier à cette illusion très répandue. Et si votre nom se dérobe, mes trois pistes quand Internet sèche vous seront utiles.

Les fantômes de l'arbre — notre livre blanc, offert

Ce que vous venez de lire est un survol. L'essentiel tient dans un document de vingt pages, que nous avons voulu beau, dense et parfaitement honnête. Il est gratuit, sans inscription compliquée.

→ Télécharger Les fantômes de l'arbre

Guide de la psychogénéalogie — vingt pages, format PDF, gratuit.

Ce que vous y trouverez :

Pourquoi celui-ci et pas un autre. Six ouvrages ont été dépouillés pour l'écrire, dont deux franchement critiques envers la discipline. Chaque affirmation importante y porte une pastille indiquant son statut — bien documenté, piste clinique, ou à nuancer. Vous saurez toujours où vous mettez les pieds, ce qui est plutôt rare sur ce sujet.

Recevoir le livre blanc · vingt pages · PDF · gratuit

Alors, que porte votre arbre ? Prenez un crayon, trois générations, et commencez par ce dont vous vous souvenez — la chouette veille, mais la mémoire, c'est vous qui la gardez vivante. ❦

Ce qui hante n'est pas le mort lui-même, mais les lacunes laissées en nous par les secrets d'autrui. Trois générations suffisent pour commencer à les nommer.
SectionMessages clés
AccrochePresque toutes les familles ont une zone d'ombre : un aïeul tu, un départ inexpliqué, un prénom qui revient. La psychogénéalogie propose de les prendre au sérieux.
Les fondateursFreud (1913), Abraham & Török (crypte et fantôme, 1978), Boszormenyi-Nagy (loyautés invisibles), Ancelin Schützenberger (Aïe, mes aïeux !, 1993, ~400 000 ex.), de Gaulejac (névrose de classe).
Six notions clésCrypte et fantôme · loyautés invisibles · secret de famille (Tisseron : il se transmet par ses effets) · syndrome d'anniversaire · enfant de remplacement · névrose de classe.
Le génosociogrammeCarte sensible et non arbre d'état civil. 13 symboles, 3 générations, protocole en 3 temps : de mémoire, puis enquête, puis réécriture. Les oublis parlent autant que les souvenirs.
Ce que ça apporteUne écoute longue, une question de sens prise au sérieux, un allègement de la culpabilité, une place active — et le bénéfice narratif, le mieux documenté de tous.
Les nuancesSyndrome d'anniversaire : les coïncidences de dates sont fréquentes par hasard sur 60 ancêtres. Épigénétique : une sensibilité peut se transmettre, pas un souvenir. La mémoire se reconstruit.
La méthode d'enquêteÉcrire ce qu'on sait · voir les gens un par un · revenir 2 à 3 fois · noter sur-le-champ · demander les photos · chercher les actes. Quatre questions : qui, où, quand, dans quelles circonstances.
Cinq praticiensBruno Clavier (Montreuil) · Élisabeth Horowitz (Paris) · Tiphaine Coulombier (Saint-Armel, 35) · Chantal Rialland (à distance) · Valérie Sengler (Paris). Numéros = repères de lecture, pas un palmarès. Profession non réglementée, 60 à 100 € la séance, aucun remboursement.
Le nom, point de départContrairement au reste, le patronyme est documenté et localisable. L'onomastique fournit les faits, la psychogénéalogie propose une lecture.
Livre blanc« Les fantômes de l'arbre », 20 pages, gratuit : 8 mécanismes illustrés, planche des 13 symboles, 10 praticiens, méthode en 8 étapes, récit familial, questions fréquentes. Trois appels au téléchargement répartis dans l'article.

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